Mon corps semble avoir abandonné la partie. J'ai des crampes au ventre dès que j'avale la moindre bouchée. Je réduis toujours plus, aussi bien quantativement que qualitativement. Pour être honnête, avaler m'angoisse... Rien que le mot, a-va-ler, je trouve ça répugnant. Se remplir de nourriture, quoi de plus sordide?!
Dans l'attirance du vide et de l'oubli, j'ai encore pris trop de médicaments ces derniers jours.... C'en était sûrement trop, j'ai passé la nuit à vomir, une fois de plus. Deux nuits à n'avoir quasiement pas dormis, deux jours à n'avoir presque rien mangé, une nuit à vomir une surdose de médicaments, je sens la spirale se refermer tout autour de moi...
"Mourir aussi peut être très excitant. C'est dommage que je ne m'en sois pas aperçue plus tôt. Ca m'aurait sans doute fait réfléchir, de me dire que j'allais mourir à dix-huit ans. Mais je n'ai rien remarqué. Car quand j'ai décidé quelque chose, le reste n'existe plus. Je n'ai aucun sens de la modération, de la prudence. Je n'ai en gros aucun bon sens. Ce n'est pas que j'ignore les répercussions possibles de mes actes, c'est plutot que je suis persuadée qu'il n'y en a pas. Parce que je ne suis pas là."
Je ne veux que le Vide, le Silence et le Néant. Ma destination finale. Explorer les limites de la faim. Faire de ce corps un tas de poussières. Ma délivrance.
"Son corps est un hurlement,
Mais que revendique t'elle?"